~°There was a time... A long long time°~

~°There was a time... A long long time°~
***


Just close your eyes...
and imagin...
what could be the world...
with fantasy.


°*°*°


Il était une fois un enfant qui vivait à travers des histoires... et un jour, il voulut les faire partager.

Alors
il se mit à la tâche, et écrivit sans relâche (quelle rime) toutes les aventures qui lui venaient à l'esprit.

Lors
qu'on lui demandait ce qu'il voulait faire plus tard, il répondait toujours "écrivain" ou "poète", ou encore "artiste". Mais on lui riait au nez ou on lui disait de trouver un vrai "métier". Mais le jeune garçon ne les écoutait pas et continuait à rêver de livres et d'images, de voyages (and the second rime, yeah! give me five!)

Et p
uis un autre beau jour, il voulut créer un premier skyblog, pour donner sa vision des choses sur un peu de tout et beaucoup de particulier. Il y développa sa poésie, elle fut lue, souvent appréciée. Il l'appela kingdomepeace, et fit une faute d'anglais en rajoutant un "e" à kingdom. Il l'appela ainsi parce qu'il voulait semer l'espoir, l'amour et la paix. Réussi-t-il. On ne le sait pas. Son skyblog, c'était:

http://kingdomepeace.skyblog.com

Kévin
était content. car c'était ainsi que se prénommait le jeune homme qui venait d'atteindre la majorité...

Mais b
ientôt, une ombre apparut au tableau. La poésie, il aimait ça. Mais par dessus tout, il voulait faire rêver à son tour à travers ses univers imaginaires (et vlan la troisième rime), ses histoires, ses légendes. Et comme il voulait que son premier skyblog garde sa propre identité, son originalité, (vous la sentez, la quatrième, là?) il décida de créer un skyblog entièrement consacré à ses livres, un en particulier.

Il décida de l'appeler coeur sur papier. pourquoi? Parce qu'il trouvait ça joli, c'est tout. Et parce que ça le représentait bien. Ses sentiments, il ne sait les exprimer que
sur papier.

Mais
le jeune homme craignit que ses articles, trop longs, ne fassent peur. Alors il pria pour que ses visiteurs comprennent que ce sont des chapitres, et qu'un livre, ça ne se résume pas à quelques lignes. Il espérait aussi qu'on respecterait ce qu'il écrivait, alors il le mit dans la description de son skyblog à gauche.

Le
jeune homme aimait aussi les expériences, et il croyait en le pouvoir de la musique. Alors il proposa des musiques à écouter en même temps que les chapitres, que certains passages, pour ressentir un peu mieux l'émotion. Il décida aussi de mettre de belles images pour ne pas trop ennuyer le lecteur et rendre les chapitres plus attirants. Enfin, il décida de rajouter quelques phrases comme ça, en début d'articles, qui lui passaient par la tête, ou même des citations.

Le jeu
ne homme était effrayé, parce qu'il voyait le bac approcher, les choix d'orientations. Il ne voulait rien choisir, juste faire le tour du monde avec un sac à dos et quelques amis. Alors il s'accrochait désespéremment à son enfance qui s'effacait petit à petit.

C
ette histoire n'a pas encore de fin, à vous d'imaginer la suite...


°)(°


Et c'est fini pour la présentation de ce skyblog. Sans plus attendre, place aux choses sérieuses!






Pix prise sur deviant art, She_Threw_Her_Dream_Away_by_x3Elisa.




***

# Posté le mercredi 31 janvier 2007 14:41

~°The Chapter I°~

~°The Chapter I°~
***


L'avant prémice du début du commencement...


°*°*°



I. Les présages apportés par le vent.



***Archoleï, la cité des songes. Une nuit sans lune avait envahi les cieux depuis peu, et la lueur des astres qui parvenait à percer les quelques nuages égarés, glissait sur la pierre abrupte des habitations en suspend dans l'obscurité. Les remparts sinueux de la ville dessinaient le relief incertain de la région, traçant une faible ligne blanche qui disparaissait par endroits, happée par les ténèbres alentours.
***La ville était enclavée au nord par la mer des Soupirs qui laissait miroiter des reflets argentés à sa surface, sous l'impulsion de quelques rayons apeurés. A l'ouest se dressaient, fières et imposantes, les Montagnes Gémissantes qui marquaient la frontière avec le pays Ackilëen. Barrières infranchissables, elles projetaient leur ombre menaçante sur une partie de la ville, la plongeant de jour dans un état entre chiens et loups. Au sud et à l'est, s'étendait la grande forêt des silences. En effet, on disait que chaque cri, chaque murmure, chaque note, mourrait entre ses branches. Elle couvrait toute la région du Moseïk, s'attardant même sur le territoire des Hophiles.
***Un silence religieux s'était logé dans la cité, silence que seul venaient troubler les quelques hululements de chouettes ici et là. La roche, d'ordinaire si bavarde, s'était tue, les pavés s'étaient endormis. Si l'on tendait bien l'oreille, on pouvait percevoir le discret écoulement des restes d'une pluie récente ou encore les lamentations du bois de la porte qui veillait à l'entrée de la ville.
***Soudain, un vent violent se leva dans l'enceinte de la cité, et se mit à hurler, s'engouffrant avec force dans chaque passage, jusqu'aux moindres petites ruelles, un cri que l'on aurait pu confondre avec un semblant d'agonie. En l'espace d'un instant, plusieurs briques se détachèrent des toits et vinrent mourir, brisées, sur les façades les plus proches.
***Et la lune, jusqu'alors absente de la fête, apparut. Elle se mit à briller d'un éclat de plus en plus intense et sa lumière, sous forme de halo, déchira l'obscurité, et vint éclairer un singulier bâtiment, qui par son ampleur, surplombait tous les autres. Composé de plusieurs tours d'inégales hauteurs, il dominait par la beauté de son architecture et la puissance de sa pierre. C'était l'Archole de marbre ou le siège des cent vingt archimages d'Emogie...


***L'Arckaïkos, premier mage de l'ordre d'Emogie, fut tiré de son sommeil par les éclats alarmants de l'astre de la nuit. Se redressant brusquement de son lit à baldaquin, il rejeta d'un geste sec ses couvertures et courut passer la tête par la fenêtre de sa chambre. Il esquissa une grimace au contact de ses pieds nus sur le carrelage froid, mais il avait passé l'âge de se plaindre. Vêtu d'une large robe aux teintes roses et violettes, il avait un visage creusé par de nombreuses rides. Ses longs cheveux soyeux d'un blanc argenté traînaient négligemment à terre, et sa barbe, presque aussi longue, dépassait la hauteur des genoux.
***Le vieil homme frissonna. Etait-ce à cause du vent glacé qui s'engouffrait par la fenêtre, et parce qu'il était vêtu légèrement ou bien à cause de cet étrange phénomène qui s'offrait à ses yeux? Sa mine s'assombrit. Ses yeux, en alerte, s'étaient allumés de cette flamme si particulière qu'utilisent ceux qui savent lire dans les signes, et scrutaient ainsi l'horizon à la recherche de quelconques présages qui pourraient l'informer sur la situation. Son nez, anormalement long et bosselé sur le haut, était parcouru de temps à autre de petits tressautements nerveux, et ses fines lèvres tremblaient légèrement. Une inquiétude sans équivoque se lisait sur son visage.
***La porte de la chambre s'ouvrit brusquement, et un domestique, l'air affolé, fit irruption dans la pièce. Du même coup, la chandelle qu'il tenait à la main fut soufflée par le vent qui s'introduisit dans la nouvelle ouverture. On voyait par le désordre de sa tenue qu'il s'était habillé en vitesse.
***- Esagel, réveillez-vous! dit-il inutilement. Il se passe des choses anormales...
***Esagel était une marque de respect pour s'adresser au plus haut supérieur hiérarchique de son ordre. Le domestique s'arrêta quelques secondes, surpris de voir son maître déjà debout. L'Arckaïkos ne semblait pas avoir réagi à l'interpellation du serviteur et continuait à fixer l'extérieur en prononçant des paroles incompréhensibles à voix basse. Puis la lueur dans ses yeux s'éteignit, et le vieil homme reprit ses esprits.
***- Argon! ordonna-t-il. Prends trois autres hommes avec toi. Vous allez m'accompagner dans la salle d'astronomie. Il faut que je vérifie quelque chose...
***Et sans donner plus de précisions, il enfila de grands chaussons dorés, recourbés à l'extrémité, ainsi qu'un long manteau de velours d'un bleu encre, et sortit en toute hâte, à la suite du dénommé Argon, sans prendre la peine de refermer ni la fenêtre, ni la porte de sa chambre.


***L'Arckaïkos traversait un long couloir à grands pas, encadré de ses quatre serviteurs. La lumière qui émanait des chandelles semblait fuir la pénombre des lieux qui les rattrapait toujours plus vite. On n'entendait à présent que le martèlement des pas précipités du petit groupe sur le sol.
***Plongé dans ses pensées, le regard vide, le grand archimage ne s'expliquait pas ce phénomène, même s'il avait une petite idée en tête qu'il lui fallait approfondir. Une chose était sûre, cela ne présageait rien de bon. Et il n'y avait rien de naturel non plus là dedans. Non... Quelque chose ou bien quelqu'un influait volontairement sur les choses, déréglait les cycles établis... Mais dans quel but?
***- Stop! intima-t-il soudain en s'arrêtant net. Ecoutez...
***Chacun prêta l'oreille. Dans un premier temps, ils n'entendirent rien, hormis le crépitement de la flamme qui dévorait la mèche. Puis enfin, une sorte de battement régulier qui ressemblait à une cadence de tambours se fit entendre. Le bruit, au départ à peine audible, s'amplifia progressivement, et se mit à résonner dans le couloir et à faire trembler les murs. Le plafond commençait à s'effriter par endroits sous la puissance des ondes sonores.
***L'Arckaïkos jura dans son fort intérieur et fit immédiatement demi-tour.
***- Allons-y!
***Il pressa aussitôt le pas. Pour son âge, il conservait une forme physique incroyable. Ce n'était pas le cas de ses domestiques, qui essoufflés, avaient bien du mal à le suivre, et se demandaient comment le vieil homme pouvait courir aussi vite. Mais l'archimage était bien loin de se soucier de sa santé. Son manteau, comme ses cheveux et sa barbe, semblaient voler derrière lui avec la vitesse de sa course.
***Dans son esprit, L'Arckaïkos rassemblait les différents éléments de la situation. Il était évident qu'Archoleï était menacée, et par conséquent, c'était la sûreté de l'ordre d'Emogie qui était en jeu. Etait-ce pareil dans les autres villes du pays ou bien n'y avait-il que la cité des songes qui était impliquée? En d'autres termes, de quelle nature était l'attaque? Visait-elle uniquement les résidents de l'Archole de marbre ou était-ce une agression du pays entier?
***Mais tandis qu'ils courraient ainsi dans une direction que seul le vieil homme connaissait, un vent léger, silencieux et imperceptible, se leva doucement et emporta fugitivement avec lui les flammes des chandelles, qui après avoir vacillé un instant, s'évanouirent, plongeant le groupe entier dans les ténèbres les plus noires. Ils s'immobilisèrent. Un frisson parcourut l'échine de l'archimage. Ce vent n'avait rien de naturel. Comment aurait-il pu pénétrer dans l'enceinte de l'Archole? Le couloir ne possédait pas de fenêtres. Cela ne pouvait signifier qu'une chose...
***Deux cris étouffés retentirent soudain au sein du groupe, suivis de craquements d'os, et on entendit deux masses s'écrouler au sol. Surpris, l'archimage réagit aussitôt:
***- Argon! Rallumez les chandelles!
***Il n'eut pas plus tôt prononcé ces mots que deux nouvelles flammes éclairèrent à nouveau les lieux. Deux cris d'effrois s'échappèrent alors: A terre, gisaient sans vie deux des quatre serviteurs, une expression de terreur accrochée au visage.
***- Ressaisissez-vous! gronda l'archimage. A quoi vous attendiez-vous? Des fleurs peut-être?
***Mais lui-même était effrayé, bien qu'il fasse son possible pour ne pas le montrer. Il fallait rester sur ses gardes. L'ennemi demeurait inconnu et agissait avec une extrême rapidité. Dos à dos, ils prirent une formation défensive, cherchant à repérer l'agresseur. Bien qu'il ait les yeux grands ouverts, le vieil homme concentrait toute son attention sur son ouïe et son odorat. Les mouvements de l'assaillant étaient bien trop vifs pour être suivis par la vue. Pendant de longues secondes qui lui parurent interminables, un horrible silence s'amusait à les narguer. Le vieil homme tressaillait à tout moment et des sueurs froides coulaient sur son front ainsi que le long de ses tempes. Le silence n'était interrompu que par ses battements de c½ur qui sonnaient à la manière d'un compte à rebours.
***Subitement, le serviteur à sa droite s'effondra dans un râle.
***- Qu'est-ce que...
***L'archimage fit volte face et se retrouva nez à nez avec une créature à la peau bleu pâle, aux cheveux d'un blanc translucide et scintillant, et aux grands yeux bleus comme la nuit. La créature retenait à présent Argon entre ses bras, l'index et le majeur pointés sur son cou.
***- Salutations, Esagel, lâcha-t-il avec une pointe d'insolence dans la voix, tout en affichant un rictus mauvais. Nous n'attendions plus que vous...
***Paralysé, le vieil homme goûtait amèrement à son impuissance. Cependant, il soutenait le regard de son adversaire avec défi. Et c'est avec une réticence prononcée qu'il suivit la créature.


***Les portes de la salle du conseil s'ouvrirent à la volée et l'Arckaïkos atterrit sur le carrelage de verre, poussé par son agresseur. Le vieil homme gémit. Une douleur lancinante s'était propagée dans sa jambe gauche qu'il n'arrivait plus à bouger.
***Au centre de la grande salle circulaire, se tenait un singulier personnage de dos qui dégageait une puissante aura, dissimulé sous un grand voile noir et transparent. En entendant les portes s'ouvrirent, il s'était retourné avec grâce et le voile s'était brusquement envolé, emporté par une violente bourrasque. A sa vue, le visage de l'archimage se durcit, sans pour autant cacher sa stupeur.
***- Toi! s'étrangla-t-il.
***Le voile avait laissé place à une jeune femme incroyablement belle. Elle avait le teint blanc et frais et de grands yeux, profonds, qui rappelait la mer en pleine tempête, lorsque les eaux se soulevaient et que les éléments se déchaînaient. Ses longs cheveux noirs et soyeux tombaient en cascade sur ses épaules. Mais le plus étrange résidait dans sa robe, mouvante, qui semblait comme vivante. Mais si l'on regardait de plus près, on s'apercevait qu'il s'agissait en faite de milliers de papillons, posés à même la peau, qui formait l'habit. Ils étaient tous d'une couleur bleu océan bordés et nervurés de noirs, et les mouvements de la robe n'étaient dus qu'à leurs battements d'ailes. Par moments, quelques-uns prenaient leur envol et tournoyaient autour de la jeune femme avant de regagner leur place. Certains même s'étaient nichés dans sa chevelure et ressemblaient à s'y méprendre à de simples ornements. Elle possédait quelque chose d'aérien. L'apparition était saisissante, et quiconque se serrait trouvé en sa présence aurait été immédiatement envoûté.
***Cela ne semblait pourtant pas être le cas de l'Arckaïkos qui continuait à la fixer d'un air méfiant. La jeune femme s'avança d'un pas aussi léger que la brise. Son regard était fier et moqueur. Arrivée à hauteur du vieil homme qui demeurait paralysé, elle murmura:
***- Bonsoir Esagel. J'ose espérer que le réveil n'a pas été trop dur...
***L'ironie et la provocation dont elle faisait preuve irrita immédiatement l'Arckaïkos qui se contint tant bien que mal. Cependant, par dignité, et parce qu'il restait invalide, il décida de ne pas lui répondre.
***- Et bien, constata la jeune femme, les langues ne sont décidément pas bavardes ce soir... Tant pis, nous ferrons avec. Esagel, si je vous ai fait venir, c'est parce que j'ai besoin que vous réunissiez pour moi l'ordre d'Emogie. Et comme par votre qualité d'Arckaïkos, vous êtes le seul à en avoir le pouvoir... Mais comme d'un autre côté je sais que je ne peux compter sur votre coopération... Si vous permettez...
***Elle s'accroupit doucement devant le vieil homme et lui prit la main gauche. Puis, sélectionnant l'index, elle le porta à sa bouche, vers une canine plus longue et plus pointue que les autres, et sans crier gare, elle la planta dedans. L'archimage poussa un petit cri de douleur.
***- Rassurez-vous, Esagel, ironisa la jeune femme. Cela a été aussi désagréable pour vous que pour moi.
***Puis, recueillant les quelques gouttes de sang qui perlaient sur l'index percé, elle alla les déposer sur un symbole gravé au centre de la pièce et sur lequel elle se tenait juste avant. Les gouttes de sang disparurent aussitôt et le symbole se mit à rougeoyer doucement.
***- Bien, fit-elle satisfaite. Ils ne devraient plus tarder...
***En effet, quelques secondes s'étaient à peine écoulées, que déjà des hommes de tout âge apparaissaient dans la salle, dans un jet de gouttelettes d'eau. Mais aussitôt qu'ils apparaissaient, ils étaient saisis par des créatures semblables à celle qui avait agressé l'Arckaïkos. Curieusement, il n'y avait aucune femme. Certains avaient la mine fatiguée, d'autres paraissaient en meilleure forme. Mais tous affichaient un air surpris que n'améliorait pas l'accueil qui leur était réservé.
***- Esagel, que se passe-t-il? demanda un des nouveaux venus qui paraissait très jeune.
***Le vieil homme ne répondit rien, ne prenant même pas la peine de le regarder. Pour l'instant, il essayait de discerner les motifs de la venue de cette femme en ces lieux, et ce qu'elle cherchait à y faire.
***- Trente-deux sur cent vingt, compta-t-elle. Ce n'est pas beaucoup, fit-elle un peu déçue...
***- Vas-tu enfin te décider à nous dire ce que tu nous veux, sorcière? cria l'Arckaïkos. Tu n'es pas la bienvenue ici! Rentres chez toi!
***La jeune femme se tourna vers lui, surprise.
***- Tiens? Le vieil homme s'est décidé à briser son mutisme... Sont-ce ses petits amis qui lui ont redonné du courage?
***La cinquantaine de créatures présentes dans la salle se mit à rire bruyamment.
***- Vous vous êtes un peu empâté depuis la dernière fois que nous nous sommes vus, Esagel...
***- Et toi, tu n'as pas changé depuis que tu as voulu rentrer dans l'Ordre, Kiménée. Seulement, si tu es venue pour récidiver, saches que nous n'accepterons jamais une enchanteresse de ton espèce.
***- Je n'ai effectivement jamais compris pourquoi mon charme n'opérait pas sur vous...
***- La preuve que le mal s'incarne dans la beauté...Mais l'esthétique n'est pas toujours source de pouvoirs...
***- Mesure tes paroles, espèce de vieux croûton sénile, cingla Kiménée en lui repoussant la tête du bout du pied. Tu n'es pas en position de force pour discuter... Une organisation branlante dirigée par une faible loque comme toi...Il était vraiment temps que tout cela finisse...
***- Qu'est-ce que tu veux dire? s'inquiéta l'Arckaïkos.
***L'enchantrice ne répondit pas tout de suite, arpentant quelque peu la salle d'un pas nonchalant. Tout en poursuivant sa marche, elle lança:
***- Je ne suis pas venue pour adhérer à votre petit club de vétérans gâteux (elle se tourna vers l'archimage)... Mais pour l'anéantir.
***Un frisson d'effroi parcourut le grand mage tandis que l'émoi atteignait tous les membres de l'ordre présents dans la salle. En son fort intérieur, l'Arckaïkos réfléchissait. L'attitude de l'enchanteresse lui paraissait assez étrange. Ce n'était pas son genre d'agir ainsi. Elle ne leur disait pas tout. Il devait tenter d'en savoir plus sans pour autant éveiller les soupçons.
***- Quels que soient tes desseins, tu ne parviendras pas à tes fins. La folie d'une seule personne ne va jamais très loin...
***- Détrompes-toi, Esagel. J'ai des appuis...et bien plus que tu ne le penses... Contrairement à vous, certains ont su apprécier mes compétences.
***C'était bien ce qu'il pensait. L'enchanteresse ne pouvait avoir réussi à pénétrer dans Archoleï sans aide Il y avait quelqu'un au-dessus, quelqu'un qui tirait toutes les ficelles dans l'ombre. Mais comment connaître son identité? Ils étaient peut-être plusieurs...Et Kiménée ne lâcherait pas le morceau si facilement...
***- Mais rassures-toi Esagel, vous ne serez pas les seuls futurs martyrs. Bientôt, ce seront toutes les plus puissantes organisations de ce monde qui succomberont et chaque pouvoir qui pliera sous le nôtre. La partie est engagée...seulement...nous avons beaucoup plus de pions en réserves.
***"Peut importe le nombre de pions, pensa le vieil homme. C'est le coup porté qui fera la différence". L'archimage réalisait à quel point il avait sous-estimé la situation. Ce n'était pas l'avenir du pays qui était menacé, mais bien l'ensemble des nations.
***- Cependant...
***L'Arckaïkos prêta l'oreille.
***- Il nous manque un pouvoir, bien plus important que les autres, et capital pour notre but... Et l'on dit que vous sauriez où il se cache, et plus encore...comment se l'approprier. Parles, Esagel, et je saurais me montrer compréhensive. Je veux ce pouvoir. Je veux celui qu'on appelle Avelyon!
***- Ta soif de pouvoir te perdra, se contenta de répondre l'archimage.
***- C'est une soif que je ne peux étancher. Mais on dit qu'Avelyon serait une source inépuisable. Dis-moi, Esagel, comment et où puis-je le trouver?
***- Quand bien même tu le trouverais, tu ne pourrais l'utiliser. Car il te manque une chose essentielle que tu ne possède pas...
***- Quoi? Qu'est-ce que c'est? Comment puis-je l'obtenir?
***- C'est une clef que quelqu'un comme toi ne pourra jamais acquérir. Parce que tu n'as pas les dispositions pour la recevoir...
***- Chien galeux! Toujours à converser par des énigmes! Quelle est cette clef? Réponds!
***Mais l'Arckaïkos demeura muet. La douleur dans sa jambe gauche commençait à se dissiper et il arrivait déjà à remuer l'extrémité de son pied. L'enchanteresse hurla de rage et une centaine de papillons, effrayés, se détachèrent de sa robe pour voltiger quelques instants autour d'elle. Se tournant vers les autres membres de l'ordre, elle se mit à faire de grands gestes avec ses bras, à la manière d'un chef d'orchestre, et les membres se mirent à s'écrouler les uns après les autres.
***Le grand mage retint sa colère. En tuant ainsi, elle dévoilait sa faiblesse. Il devait lui montrer que lui savait se maîtriser et ainsi lui prouver qu'il dominait la situation.
***- Tu n'obtiendras rien par la violence ici, déclara-t-il. Dis-moi plutôt qui te pousse à agir ainsi. Il n'est pas encore trop tôt pour te repentir, Kiménée.
***- Tais-toi! s'écria-t-elle en reprenant difficilement son souffle. J'agis de mon propre chef. Le reste n'est qu'une question d'alliance. Je ne laisserais personne me dicter ma conduite. Pour parler comme toi, par énigmes, je sers le pouvoir autant que je le recherche.
***A présent, l'archimage pouvait complètement bouger sa jambe gauche. C'était le bon moment...
***- Il est bien triste de constater ce que tu es devenue, Kiménée, déplora-t-il. Seulement...Tant qu'il y aura des hommes pour vivre, tu ne pourras parvenir à tes fins...
***Et en disant ces mots, l'Arckaïkos se mit à disparaître, comme on eut effacé un trait de crayon avec une gomme. De rage, la jeune femme se précipita sur le vieil homme... Mais ses mains ne rencontrèrent que du vide...


***Au dehors, les remparts de la ville étaient assaillis par une pluie de grappins et l'ennemi s'éparpillait déjà dans les ruelles. On vit apparaître peu à peu à chaque fenêtre, la lueur d'une chandelle, car le bruit ambiant avait tiré la population de son sommeil. Ce qui les attendait n'était peut-être pas un sort des plus enviables. Et les lamentations et cris de détresses qui commencèrent à s'élever vinrent mourir dans la forêt des silences qui absorbait les moindres sons.
***C'est dans son domaine que réapparut l'Arckaïkos. Le vieil homme se sentait soulagé parmi les arbres dont la seule présence le rassurait. Le silence et le calme étaient propice à la réflexion et le pouvoir de la forêt couvrirait sa fuite. C'est ainsi que le grand mage entama son périple pour une survie qui ne tenait qu'à un fil. Telle une ombre fantomatique, il se mit à courir à travers bois.
***L'archimage se félicitait intérieurement d'avoir berné aussi facilement l'enchanteresse. Mais il lui fallait absolument trouver de l'aide à présent. Il n'osait imaginer la situation des autres cités en ce moment même. Il fallait aussi qu'il prévienne les autres membres de l'ordre de se cacher jusqu'à ce que les choses reprennent leur cours normal. Il craignait en effet que Kiménée ne se venge de sa disparition sur les autres représentants d'Emogie.
***- Je t'ai trouvé, susurra soudain une voix derrière lui.
***Le c½ur de l'archimage s'arrêta net en même temps que sa course. Comment avait-elle retrouvé si rapidement ses traces? Et surtout, comment pouvait-elle parler dans la forêt des silences? L'enchanteresse le tua sans plus de pitié et le vieil homme s'effondra sans avoir obtenu de réponses.
***Mais alors que Kiménée s'apprêtait à souiller une fois de plus son corps, les arbres alentours se saisirent de l'Arckaïkos avec leurs racines, et l'archimage s'enfonça dans les profondeurs de la terre comme dans du beurre. L'enchanteresse réprima un air de dépit et disparut peu de temps après...


°)(°



Voilà pour le premier...le second est en cours d'écriture, je ne vous demande que de la patience. En attendant, vos réactions sur ce chapitre introductif? personnages, atmosphères, narration... qualités ET défaults?





Pix: de moi-même, respectez, s'il vous plaît.



***

# Posté le vendredi 02 février 2007 17:34

Modifié le samedi 31 mars 2007 08:56